LEADER 13592nam 2200409 450 001 9910131226703321 005 20240214103230.0 010 $a1-4123-5804-3 035 $a(CKB)3680000000167191 035 $a(NjHacI)993680000000167191 035 $a(EXLCZ)993680000000167191 100 $a20240214d2007 uy 0 101 0 $afre 135 $aur||||||||||| 181 $ctxt$2rdacontent 182 $cc$2rdamedia 183 $acr$2rdacarrier 200 10$aCommunisme, anarchie et personnalisme /$fEmmanuel Mounier 210 1$aChicoutimi :$cJ.-M. Tremblay,$d2007. 215 $a1 online resource 225 1 $aClassiques des sciences sociales 327 $aPre?sentation du livre (Quatrie?me de couverture)--Pre?face de Jean Lacroix--I. Court traite? de la mythique de gauche--Prote?e--Phe?nix--Un Dieu inconnu--Mon pe?re gardez-vous a? « ni droite ni gauche »--Valeurs et re?alite?s de gauche--Le perse?cuteur-perse?cute?--Le progre?s des lumie?res--Les progre?s des conditions ou la conque?te du bonheur--Liberte?, liberte? che?rie --II. De?bat a? haute voix--III. Anarchie et personnalisme--Le mouvement ouvrier au tournant--1. Anarchie et anarchisme--2. Autorite? et pouvoir--Re?voltes--Les titans a? l'assaut--La dialectique malheureuse du pouvoir--Pour une doctrine personnaliste de l'autorite?--L'histoire des E?tats, martyrologe du peuple--Les mensonges de la de?mocratie massive--La de?mocratie bourgeoise--Les gouvernements du peuple--Du fe?de?ralisme a la cite? pluraliste--3. De l'anarchie des mondes--La personne, courbure de l'univers--Anarchisme et personne--Recherche de la communaute?--4. La liberte? guide leurs pas --Postface a? anarchie et personnalisme. 330 $aIl est temps sans doute de redonner son sens et sa ve?rite? a? la notion d'engagement, e?labore?e par Mounier aux environs de 1930 et dont risque de s'e?carter toute une partie de la jeunesse, faute de la bien entendre. Il est vrai que le directeur d'Esprit a peu a? peu e?difie? sa philosophie au contact de l'e?ve?nement, il est vrai que, quoique a? la fois mystique et re?aliste de tempe?rament, il s'est de plus en plus inte?resse? a? la politique et a cre?e? dans sa revue la chronique de la pense?e engage?e - aussi bien d'ailleurs dans la vie prive?e que dans la vie publique. Mais toujours il a juge? ses engagements, restant libre dans l'action et re?unissant en lui, comme le demandait Rauh, le double caracte?re du savant et du militant. La philosophie n'e?tait pour Mounier ni la construction d'un syste?me abstrait ni la justification apre?s coup de ce qui a e?te?, mais la transformation par l'esprit de l'e?ve?nement en expe?rience. Il n'y avait pas plus pour lui de penseur hors de la communaute? des hommes que de chre?tien hors de l'E?glise. Ce qui n'exclut pas, ce qui inclut au contraire la distance et le recul dans l'engagement me?me, l'attention et la pre?sence jusque dans le de?gagement. Le rythme de la vie personnelle est fait d'un temps de de?gagement re?flexif et d'un autre temps d'engagement communautaire. Si le Christ n'est pas venu parmi les concepts, mais parmi les hommes, il faut en conclure que l'incarnation a des conse?quences pour la pense?e elle-me?me. Ainsi ce terme d'engagement, utilise? par pole?mique contre ceux pour qui le monde n'est qu'un spectacle, reste-t-il ambigu. Dans son Traite? du caracte?re, Mounier a e?labore? une conception de la pense?e engage?e-de?gage?e, qui prenait la suite de tout ce qu'il y a de valable dans la philosophie classique, tout en rectifiant son attitude se?pare?e et son exce?s de ce?re?bralisme. Au lieu d'engagement, peut-e?tre vaudrait-il mieux dire dialogue, au sens ou? tout dialogue est a? la fois de participation et de lucidite? ou, comme disait Mounier, affrontement. Peut-e?tre personne n'a-t-il jamais mieux de?cele? l'essence du mensonge : il est refus de relations re?elles. Dialoguer pour Mounier, c'est refuser ce refus me?me, c'est-a?-dire e?tablir avec tous des relations re?elles. La personne pour lui est tridimensionnelle : exte?riorite? ou intentionnalite?, inte?riorite?, transcendance. Et c'est la re?fe?rence a? l'absolu qui permet de se tourner vers le dehors sans s'y perdre. Le dialogue avec tous lui a fait comprendre que la personne elle-me?me est dialogue, qu'elle est une certaine tension entre la liberte? et le don. Rester libre a? l'inte?rieur de son engagement, ne se de?gager que pour permettre un re?-engagement valable, telle fut son attitude constante. Cette attitude lui permit de se rendre en tous lieux sans jamais s'y compromettre : aller questionner, chez eux, a? un congre?s a? Rome, des penseurs fascistes plus ouverts qui semblaient chercher une de?tente et une communication -re?pondre sans he?sitation aux invitations de l'E?cole des cadres d'Uriage, de?s fin 1940, et s'y exposer si courageusement que ce fut l'une des raisons principales de son emprisonnement par Vichy - entretenir avec les communistes ce dialogue « dur et fraternel » qui l'occupa de plus en plus jusqu'a? sa mort. Il savait qu'a? aucun moment une conscience n'est capable d'un accroissement d'e?tre qu'elle n'en soit redevable tout d'abord a? son dialogue avec une autre conscience. Comme le montrait de?ja? Franc?ois Perroux dans les congre?s d'Esprit d'avant-guerre, le sens de la de?mocratie est celui des dialogues institutionnalise?s. Mais avant de les institutionnaliser, il faut les faire nai?tre. Mounier n'a pas e?te? proprement un homme politique ni me?me un philosophe politique, mais un e?tre de pense?e et d'action, qui a eu une intention, qu'il a lentement e?prouve?e et re?alise?e au contact des faits. Et son intention, son choix existentiel, choix de lui-me?me et du monde, a e?te? d'inse?rer dans une matie?re humaine re?fractaire et suivant les conditions d'une e?poque re?volutionnaire, les exigences spirituelles et charnelles de la personne. C'est pourquoi les textes ici rassemble?s montrent divers aspects du dialogue politique de Mounier. Ses rapports avec les communistes sont assez connus. C'est la raison pour laquelle on n'y consacre dans ce livre que peu de pages. On a tenu cependant a? ce qu'elles y figurent comme un rappel ne?cessaire. Selon Mounier, un des grands me?rites du marxisme a e?te? de pourchasser les subtilite?s de la vie inte?rieure, de de?crasser l'esprit. Il a salue? en lui la plus puissante re?action moderne contre la de?cadence « ide?aliste ». En langage scolastique, Maritain disait que la grandeur de Marx c'e?tait la re?habilitation de la « cause mate?rielle ». Mounier y ajoutait qu'on ne peut s'en tenir a? cette analyse the?orique et que, si le marxisme est en quelque sorte la philosophie immanente du prole?tariat, on doit toujours le critiquer en s'efforc?ant de ne pas atteindre celui-ci. Aujourd'hui comme hier l'anticommunisme passionnel est la plus efficace de?fense du « de?sordre e?tabli ». Mais en me?me temps il importe de de?voiler les insuffisances the?oriques du communisme, insuffisances qui se manifestent ne?cessairement par de tragiques fautes historiques. « En vidant l'individu de son inte?riorite? et le monde de son myste?re, en affirmant l'immanence sans la transcendance et le temps sans l'e?ternite?, le marxisme s'est prive? de toute une dimension du re?el ; car il faut aussi se jeter dans les profondeurs inte?rieures pour bien lire les secrets de la nature. Contre Marx, nous affirmons qu'il n'y a de civilisation et de culture humaines que me?taphysiquement oriente?es. » Le textes sur l'anarchie sont moins connus. L'erreur serait de les tenir pour e?pisodiques ou secondaires. L'anarchisme est trop souvent caricature?. On oublie son ro?le en Italie, en Espagne , en Russie : en 1917, les premiers Soviets furent l'oeuvre d'anarchistes. En France l'influence de Proudhon reste capitale. Ce qui a d'abord inte?resse? Mounier, c'est le co?te? humain de cette pense?e- : elle ne peut e?tre de?tache?e des hommes qui l'ont. ve?cue, des intentions qu'elle a rejointes ou re?veille?es dans l'inte?re?t populaire. L'article de Mounier est d'avant-guerre (1937). Pour mon compte, j'avais consacre? une e?tude fort sympathique a? Proudhon, de?fini par la souverainete? du Droit. Landsberg enfin avait apporte? a? Esprit une compre?hension profonde de l'anarchisme. Entre lui et le personnalisme il y a, malgre? d'e?videntes diffe?rences, une sorte d'inspiration commune. Si l'analyse reste souvent insuffisante, c'est a? la personne qu'il pense quand il de?fend l'individu. Bien loin d'e?tre individualiste la the?orie anarchiste est essentiellement sociale. Elle l'est me?me tellement qu'elle croit volontiers la sociabilite? humaine naturelle, spontane?e, harmonieuse, pouvant et devant par conse?quent se passer des contraintes e?tatiques. Bakounine affirmait qu'on ne devient libre que par la liberte? des autres. Peut-e?tre pourrait-on dire de l'anarchisme qu'il est le reme?de spe?cifique contre tout totalitarisme. La cite? socialiste elle-me?me, si elle doit s'e?tablir, -ne. sera viable que par ce qu'elle saura maintenir d'esprit anarchiste en elle. Les anarchistes se me?fient de toute institution, et c'est leur utopie. Mais en privile?giant le souci de la formation doctrinale et morale des hommes, ils de?fendent toute socie?te? contre la contrainte et la tyrannie. N'est-ce pas Proudhon qui identifiait la liberte? et l'ironie et voyait en elles ce qui sauve de l'esprit de pesanteur ? Enfin le traite? de la mythique de gauche est d'une bru?lante actualite?. Sche?matiquement, suivant Mounier, l'adhe?rent d'Esprit est un homme de gauche qui se sent mal a? l'aise dans tous les partis de gauche. D'abord Mounier ne voulut se situer ni a? droite ni a? gauche, estimant ces expressions de?passe?es. Mais il comprit vite que, suivant la formule d'Alain, celui qui de?clare n'e?tre ni de droite ni de gauche est pre?cise?ment un homme de droite. Il lui fallut bien alors opter et se situer a? gauche, tout en critiquant l'expression. 330 $aIl est caracte?ristique qu'il refuse les « partis pris » de droite et les « conformismes » de gauche. Le diagnostic est su?r. Ce qui caracte?rise la gauche, qui fut le parti du mouvement, c'est le conformisme. Elle est donc a? repenser entie?rement. Remontant des faiblesses e?videntes jusqu'au principe qui les cause, Mounier de?couvre dans l'antagonisme inaperc?u de la liberte? et du bonheur la source ultime de ses divisions et de ses impuissances. Pain et Liberte?, la formule est belle, mais un gouvernement peut distribuer le pain en refusant la liberte? - c'est ce que Panai? Istrati appelait l'Organisation contre l'Homme - et l'homme libre peut e?tre oblige? de se passer de pain. La politique de gauche veut-elle e?tre une politique du bonheur ou de la liberte?, du bien-e?tre ou de la ge?ne?rosite? ? C'est ici sans doute qu'une sorte de se?ve anarchiste e?le?mentaire devrait inspirer les hommes de gauche. Ce proble?me est encore notre proble?me, et c'est celui que l'on discute partout. Il ne s'agit certes pas de contester une politique de croissance et de de?veloppement, mais de refuser une civilisation du « bonheur sensible », comme disait Kant. Pour cela, des institutions sont aussi ne?cessaires qu'insuffisantes Il faut certes faire un effort d'invention, institutionnaliser de nouveaux dialogues, comprendre ce passage de la « de?mocratie gouverne?e » a? la « de?mocratie gouvernante » dont parle Burdeau. Mais aussi il faut e?lever, e?duquer les hommes. Si Mounier a e?tudie? la politique de son temps, c'est qu'il e?tait essentiellement un e?ducateur. Ainsi se de?gage, espe?rons-nous, ce qui fait le caracte?re si particulier des pages qu'on va lire : elles constituent un certain dialogue du politique et du spirituel. Mounier a re?alise? sa ta?che particulie?re, sa vocation propre : envisager la personne en fonction des situations personnalisantes ou de?personnalisantes, en dehors desquelles tout discours sur la personne demeure abstrait et moralisant. C'est pour cela qu'il a de?couvert le se?rieux du politique, comprenant que, s'il n'e?tait pas premier dans l'ordre de la valeur, il l'e?tait du moins dans l'ordre de l'urgence. Le politique nous apprend que la de?fense du spirituel de?sincarne? est la pire mystification. C'est dans ses incarnations multiples, pratiques, quotidiennes, dans ses incarnations politiques et sociales qu'on e?prouve authentiquement la valeur de la spiritualite?. La critique he?ge?lienne de la « belle a?me », c'est-a?-dire de l'a?me sans le monde, est entie?rement valable. Il y a une forme de personnalisme que Mounier a toujours pourchasse?e et qu'il appelait l'intimisme. Aussi n'y a-t-il nul paradoxe a? publier a? part des textes politiques de ce mystique, car dans sa politique me?me toute sa spiritualite? est pre?sente, non pour remplacer les analyses techniques, mais pour s'y incarner. 410 0$aClassiques des sciences sociales. 606 $aCommunism 606 $aCommunism$xHistory 615 0$aCommunism. 615 0$aCommunism$xHistory. 676 $a335.43 700 $aMounier$b Emmanuel$0127384 801 0$bNjHacI 801 1$bNjHacl 906 $aBOOK 912 $a9910131226703321 996 $aCommunisme, anarchie et personnalisme$9722434 997 $aUNINA