Si la France peut se targuer d'avoir été un berceau de l'épidémiologie, l'analyse objective des effectifs des chercheurs et des laboratoires montre qu'elle est actuellement sous-dimensionnée par rapport aux pays comparables. Pourtant, la demande en épidémiologie, aussi bien scientifique que sociale, grandit sans cesse. Commment faire face, qualitativement et quantitativement, a cette demande ? C'est pour répondre à cette question que l'Académie des sciences a suscité ce rapport sur l'épidémiologie humaine, dans lequel les conditions matérielles et institutionnelles de son développement sont examinées. Après une vue d'ensemble sur la définition, l'historique et l'état actuel de cette discipline, cet ouvrage s'attache à en décrire les méthodes. Il montre que l'épidémiologie moderne s'appuie depuis longtemps sur la statistique, mais aussi que, récemment, on assiste à une forte implication de nouveaux champs des mathématiques, notamment calcul des propabilités, analyse numérique, théorie des systèmes complexes, et modélisation en général, qui ouvrent de nouvelles possibilités d'applications. L'explosion actuelle des systèmes d'information touchant à la santé, construit dans d'autres buts que la recherche, et la possibilité de construire de nouveaux systèmes d'observation épidémiologique puissants sont analysés en tant que nouvelles opportunités pour la recherche. Le rapport décrit en quelques exemples comment l'épidémiologie moderne se développe en lien intime avec la biologie; il décrit aussi l'importance des sciences |