Inscrits dans le cadre de son enseignement de la philosophie, les textes anti-épicuriens de Plutarque illustrent les règles d’honnêteté intellectuelle que toute polémique doit respecter, sous peine de perdre toute valeur. C’est ainsi que, parmi les ouvrages conservés de son œuvre, deux dialogues, Contre Colotès et Qu’il n’est pas non plus possible de vivre plaisamment en suivant Épicure, auxquels il convient d’ajouter l’opuscule Si la maxime « Vis caché » est bonne, nous livrent une analyse quasi systématique de l’épicurisme, qui vise à réfuter, sans déformation sectaire, des thèses adverses et, sans mauvaise foi, l’ensemble du système épicurien, qu’il s’agisse de la gnoséologie, de la cosmologie, de la théologie, de l’anthropologie, ou du souverain bien, du droit et de l’amitié. Dans tous ces domaines, les postulats initiaux sont si radicalement opposés qu’ils rendent impossibles une confrontation dialectique des idées et encore plus un effort d’empathie herméneutique. Mais, si les critiques développées par Plutarque relèvent d’une tradition largement platonicienne, et pour une moindre part stoïcienne, et ne présentent pas un caractère très original, elles reposent sur une connaissance personnelle des écrits des membres du |