Comment une société sort-elle de la guerre ? L’étude des mouvements commémoratifs mis en place après chaque conflit donne une idée des représentations des contemporains sur la guerre, du lien existant entre travail de deuil et travail de la mémoire. L’attitude des populations de la Marne et de la Sarthe est ici comparée, leur situation par rapport au combat (champ de bataille ; arrière) s’inversant en 1870-1871 et 1914-1918. À travers les formes commémoratives les plus diverses, les rites, les discours, de la sphère privée au corps civique, leur sortie de guerre s’effectue à des rythmes différents. L’investissement mémoriel varie dans le temps et dans l’espace. À quoi servent ces commémorations ? Elles jouent un rôle essentiel dans une économie de la violence qu’elles contribuent à canaliser après les combats. Elles entretiennent aussi la possibilité d’user de violence en vue de défendre la nation. Si l’expression du traumatisme se réduit au fil du temps, il n’est pas certain que le discours officiel ait facilité le travail de deuil. La mort des soldats s’inscrit en effet dans deux modes d’explication |