Théologien et jurisconsulte ḥanbalite, Ibn ‘Aqīl a vécu à Bagdad au Ve/XIe siècle. Marquée par le triomphe des salǧūqides sur les buwaihides, les travaux d’al-Ġazzālī et l’essor du mouvement universitaire, cette période est celle de la restauration du sunnisme au détriment du šī’isme. Réaffirmant l’origine divine du droit et prônant un retour aux sources religieuses premières que sont le Coran et la sunna, l’école ḥanbalite, qui s’organise et se développe à cette époque, s’impose comme une des incarnations les plus rigoristes de cette tendance traditionaliste dont Ibn ‘Aqīl fut une des figures éminentes. Pour toutes lumineuses que furent ses productions conceptuelles, ce dernier n’a toutefois pas été le théologien le plus apprécié par les membres les plus orthodoxes de cette école, par qui il a souvent été conspué. Sa considération pour les thèses rationalistes des mu‘tazilites, inspirées par la philosophie grecque, son esprit libéral et moderniste, son admiration pour le grand mystique al-Ḥallāǧ et sa curiosité intellectuelle sont autant de qualités qui font en effet de lui un ḥanbalite bien atypique au milieu de congénères conservateurs dont il ne s’est pourtant jamais séparé. Cet ouvrage tente d’éclairer ce paradoxe apparent en commençant par une recension des sources |